Le film qui a changé le cinéma mondial
Parasite de Bong Joon-ho a fait l'histoire en 2020 en devenant le premier film non anglophone à remporter l'Oscar du meilleur film. Cette satire brillante sur les inégalités sociales en Corée du Sud suit la famille Kim, vivant dans un sous-sol insalubre, qui s'infiltre progressivement au service de la richissime famille Park.
Le génie de Bong Joon-ho réside dans sa capacité à utiliser l'espace et l'architecture comme métaphore des classes sociales. La verticalité de Séoul, avec ses collines et ses escaliers, devient le reflet physique de la hiérarchie sociale coréenne. Monter, c'est s'élever socialement ; descendre, c'est retourner à sa condition.
Les lieux de tournage de Parasite sont devenus de véritables attractions touristiques, attirant des cinéphiles du monde entier désireux de comprendre comment Bong Joon-ho a traduit sa vision sociale en images inoubliables.
Les contrastes architecturaux de Séoul
Les escaliers de Jahamun, désormais mondialement connus sous le nom d'« escaliers Parasite », incarnent parfaitement le propos du film. Cette succession de marches abruptes, bordées de bâtiments vétustes et de câbles électriques enchevêtrés, mène vers les quartiers en sous-sol de Séoul. Sous la pluie, ces escaliers deviennent un torrent, exactement comme dans la scène mémorable du film.
Le contraste avec les quartiers résidentiels huppés utilisés pour représenter l'univers de la famille Park est saisissant. Si la villa elle-même a été construite en studio, les rues arborées et silencieuses du quartier d'Eunpyeong donnent une idée de l'environnement luxueux dans lequel évolue la famille privilégiée.
Il est intéressant de noter que Bong Joon-ho a délibérément choisi de filmer dans de véritables quartiers de Séoul plutôt que de recréer entièrement ces décors. Ce choix ancre le film dans une réalité tangible et renforce son impact social, faisant de chaque visite sur les lieux de tournage une réflexion sur les inégalités urbaines.